J'ai passé beaucoup de temps à évaluer le statut d'auto-entrepreneur, et les autres options (TNS, régime micro, EURL, SARL) par la même occasion... Je partage cette expérience ici.
Lorsque l'on parle de créer son propre emploi en France, de se mettre à son compte, il est souvent fait allusion au "régime micro". J'ai mis beaucoup de temps à comprendre toutes les subtilités et la complexité qui se cache derrière ce terme pourtant simple...
La première chose à comprendre, c'est que le régime de la micro-entreprise concerne uniquement les impôts. Pas l'URSSAF, pas les ASSEDIC (futur pôle emploi), juste le fisc. C'est important de le savoir, parce qu'au final, cela signifie que seul votre centre des impôts pourra vous renseigner, et uniquement sur le volet fiscal, pas sur le volet social...
Par contre, il y a bien un lien entre votre statut vis à vis de l'URSSAF: le régime "micro" est destiné aux personnes physiques (par opposition aux personnes morales: SARL, EURL). Il faut donc être identifiée comme "Entreprise Individuelle" (EI) pour pouvoir prétendre à ce régime fiscal simplifié.
Dans le cas du régime "micro-entreprise", pas de comptabilité complexe à tenir, un simple "livre-journal" détaillant les recettes suffit. Concrêtement, un vieux cahier avec une colonne date, montant reçu, mode de paiement et origine (pourquoi/de qui) suffit, mais pourquoi pas acheter un facturier avec pages auto-copiantes: vous tenez votre comptabilité en même temps que vous rédigez votre facture! Personnellement, je vous conseille tout de même de tenir un journal des dépenses, afin d'avoir une idée de votre marge (vos bénéfices).
Pour tous les calculs des prélévements (sociaux et fiscaux), c'est le Chiffre d'Affaires qui sert de base à tous les calculs, de manière forfaitaire.
Pour les impôts, l'Entrepreneur Individuel bénéficie d'un abattement forfaitaire pour définir son "revenu" :
Pour les prélevements sociaux, il y a eu du changement en 2008: auparavant, les abattements ci-dessus servaient de base pour déterminer le revenu, qui sert de base au calcul des différentes cotisations. De plus, même avec un chiffre d'affaire nul, il fallait tout de même acquitter des cotisations plancher. Désormais, le prélèvement est forfaitaire, directement basé sur le Chiffre d'Affaire, voici les taux pour 2009:
Pour avoir cotoyé les 2 formules, la nouvelle approche est bien mieux. Contrairement à ce que certains pensent, il y a bien toujours une application d'abattements forfaitaires (sinon, on paierait env. 36% à 44% de prélèvements...), mais ils sont calculés une fois pour toute, et toutes les cotisations sont enfin rassemblées. Ainsi, au lieu de payer 36% de prélèvements sur 50% du CA, on paie 18.3% sur 100% du CA.
Il y a tout d'abord les limites légales :
Ensuite, il y a les limites "pratiques" : si vous enregistrez plus de frais que les abattements forfaitaires (d'où l'intéret de tenir un livre des dépenses...), il faut peut-être envisager une autre solution: passer au régime réel, ou même en structure morale (EURL, SARL, SAS, SCOP, ...). Mais ce n'est nullement obligatoire: vous pouvez très bien conserver le régime micro-entreprise pour sa simplicité et considérer que vos "pertes" sont compensées par le temps que vous gagnez.
Je trouve que le régime micro-entreprise est une option géniale, à mi-chemin entre le nouveau régime d'auto-entrepreneur ultra-simplifié et la formule plus lourde et complexe du régime réel ou du régime des sociétés.
Cependant, avant de le choisir, je ne peux que vous recommander de faire des simulations en long et en large, pour vérifier qu'il correspond à votre projet.
Otto.